Ostéopathie et inflammation : comprendre et soulager les douleurs inflammatoires

đź“‹ En bref

  • â–¸ L'inflammation est une rĂ©ponse immunitaire pouvant ĂŞtre aiguĂ«, chronique ou de bas grade, souvent sous-diagnostiquĂ©e. En France, plus de 10 millions de personnes souffrent de douleurs articulaires chroniques liĂ©es Ă  l'inflammation. L'ostĂ©opathie peut aider Ă  traiter ces douleurs inflammatoires persistantes.

Ostéopathie et Inflammation : Comprendre et Traiter les Douleurs Inflammatoires #

Comprendre l’inflammation : aigu?, chronique et de bas grade #

L’inflammation correspond à une réponse immunitaire physiologique destinée à protéger l’organisme face à une agression : infection, traumatisme, toxine, stress mécanique ou dysfonction auto-immune. Les signes cardinaux décrits dès l’Antiquité par Aulus Cornelius Celsus, médecin romain du Ier siècle, restent d’actualité : rougeur, chaleur, gonflement, douleur, et parfois perte de fonction. Nous distinguons classiquement :

  • Inflammation aigu? : rĂ©action rapide, limitĂ©e dans le temps, liĂ©e par exemple Ă  une entorse, une tendinite aigu? du tendon d’Achille après un match de football, ou une infection locale.
  • Inflammation chronique : rĂ©ponse persistante sur plusieurs mois ou annĂ©es, frĂ©quemment impliquĂ©e dans des maladies comme la polyarthrite rhumatoĂŻde, la spondyloarthrite ankylosante ou certaines formes de sclĂ©rose en plaques.
  • Inflammation de bas grade : Ă©tat de micro-inflammation systĂ©mique diffuse, peu symptomatique au dĂ©but, souvent associĂ© Ă  une alimentation ultra-transformĂ©e, Ă  la sĂ©dentaritĂ©, au stress chronique et au surpoids abdominal.

Les Ă©tudes Ă©pidĂ©miologiques en rhumatologie estiment qu’environ 20 Ă  30 % des douleurs musculo-squelettiques chroniques sont liĂ©es Ă  une inflammation chronique structurĂ©e, par exemple dans le cadre de maladies auto-immunes ou de tendinopathies persistantes. Une enquĂŞte menĂ©e par la SociĂ©tĂ© Française de Rhumatologie en 2019 indiquait que plus de 10 millions de personnes en France souffraient de douleurs articulaires chroniques compatibles avec un processus inflammatoire, souvent sous-diagnostiquĂ©. Ces douleurs se traduisent par :

À lire Les bienfaits méconnus de l’ostéopathie pour votre santé

  • raideur matinale durable, en particulier au niveau des mains, des genoux ou de la colonne vertĂ©brale ;
  • gonflements articulaires, limitation de la mobilitĂ© et gĂŞne fonctionnelle ;
  • tendinites rĂ©cidivantes, comme la tendinite du tendon d’Achille après rupture partielle, ou l’épaule douloureuse chronique ;
  • fatigue gĂ©nĂ©rale et perturbation du sommeil, qui entretiennent le cercle vicieux de la douleur.

Nous constatons en pratique que l’inflammation de bas grade, parfois corrélée à une élévation modérée de la CRP ultra-sensible ou de certaines cytokines pro-inflammatoires comme l’IL-6, reste largement ignorée. Elle joue pourtant un rôle clé dans les douleurs diffuses, les lombalgies chroniques ou les troubles musculo-squelettiques persistants observés chez des personnes fortement exposées au stress professionnel, comme les personnels soignants des hôpitaux publics ou les salariés de grandes entreprises de services en région parisienne.

Principes et pratiques de l’ostéopathie face aux douleurs inflammatoires #

L’ostĂ©opathie, fondĂ©e Ă  la fin du XIXe siècle par Andrew Taylor Still, mĂ©decin amĂ©ricain, repose sur plusieurs principes structurants : unitĂ© du corps, relation structure–fonction et capacitĂ© d’autorĂ©gulation. L’ostĂ©opathe cherche Ă  identifier les dysfonctions somatiques – restrictions de mobilitĂ© des articulations, des fascias, des viscères ou du crâne – susceptibles d’entretenir la douleur et l’inflammation. En France, plus de 30 000 ostĂ©opathes diplĂ´mĂ©s sont recensĂ©s selon les donnĂ©es du Ministère de la SantĂ© en 2023, avec un encadrement spĂ©cifique des formations (RNCP niveau 7 pour les cursus complets).

Les techniques utilisées sont variées et ajustées à l’état inflammatoire :

  • Manipulations ostĂ©o-articulaires (techniques de haute vĂ©locitĂ©, faible amplitude, dites HVBA) ciblant une articulation pĂ©riphĂ©rique ou vertĂ©brale, utilisĂ©es avec prudence en cas de terrain inflammatoire.
  • Relâchement myofascial : travail doux et progressif sur les fascias et les chaĂ®nes musculaires, visant Ă  rĂ©duire les tensions et Ă  amĂ©liorer la vascularisation locale.
  • Mobilisation douce : mouvements lents et contrĂ´lĂ©s, en amplitude limitĂ©e, adaptĂ©s aux patients prĂ©sentant une polyarthrite rhumatoĂŻde stabilisĂ©e ou des lombalgies inflammatoires.
  • Palpation tissulaire fine, vĂ©ritable outil de diagnostic fonctionnel, qui permet de repĂ©rer les zones de restriction de mobilitĂ© et de congestion tissulaire.

En comparaison des médicaments anti-inflammatoires, l’ostéopathie ne vise pas à remplacer les traitements de référence prescrits par le rhumatologue ou le médecin généraliste, comme le méthotrexate, les biothérapies anti-TNF ou les AINS. Elle agit plutôt comme un complément non médicamenteux, sans les risques d’effets secondaires digestifs, cardiovasculaires ou rénaux qui peuvent survenir avec un usage prolongé des AINS. Une revue de l’Inserm publiée en 2012 sur l’évaluation de l’efficacité de l’ostéopathie souligne d’ailleurs que les réponses apportées par l’ostéopathie sont potentiellement efficaces dans les douleurs d’origine vertébrale, mais sans supériorité prouvée par rapport aux autres prises en charge ?, ce qui plaide pour une intégration raisonnée, plutôt qu’une substitution.

À lire Mal de dos : Comprendre ses origines et soulager avec l’ostéopathie

Nous disposons de cas documentĂ©s intĂ©ressants. Sur Osteopedia, une revue systĂ©matique consacrĂ©e aux maladies inflammatoires chroniques rapporte des amĂ©liorations cliniques notables sous OMT, mĂŞme si les Ă©chantillons restent modestes. Certains praticiens rapportent, chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoĂŻde suivis au CHU de Lyon ou Ă  l’HĂ´pital Saint-Antoine Ă  Paris, une rĂ©duction d’environ 40 % de la sensation de tension articulaire après 4 Ă  6 sĂ©ances d’ostĂ©opathie, en association avec le traitement de fond, ce qui se traduit par une meilleure tolĂ©rance de l’activitĂ© quotidienne.

Comment l’ostéopathie peut aider à réguler l’inflammation #

Les mécanismes par lesquels l’ostéopathie contribue à moduler l’inflammation restent en partie exploratoires, mais plusieurs pistes physiologiques se dessinent, cohérentes avec la littérature internationale, notamment les travaux publiés dans BMJ Open sur la prise en charge ostéopathique des douleurs lombaires et cervicales chroniques.

Ostéopathe Lyon 7ème est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :